Technique

Technique illustration / BD / carnet de voyage

Introduction

Ce projet vient en résultante de divers ateliers de BD menés pendant ces dernières années. Les cours particuliers, les cours associatifs, mais également les ateliers ponctuels tels que la création d'un herbier avec des adultes et la création d'un conte illustré avec des enfants, m'ont permis de concrétiser une méthode astucieuse et très efficace : On pourrait appeler cela "L'art de l'illustration à la portée de tous". Lorsque je dis "concrétiser une méthode" je n'en suis pas si sûr puisque, de par le monde, tant de nouveautés voient le jour que bon nombre de personnes doivent utiliser plus ou moins les mèmes techniques et les mèmes outils... Mais enfin !... 


Exercice A : BD

 
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Impression jet d'encre sur Canson 224g. Les scènes de 2 ou 3 cases sont choisies en fonction de l'intérêt qu'elles suscitent au niveau des dialogues. Les textes ont été retirés des bulles pour permettre de chercher une autre expression pour les personnages.
Exercice se terminant par une mise en couleur à l'encre de chine.
Les cases présentées ici sont des classiques tels que Andy capp, Wizard of id, Mafalda, Achille Talon, Perishers, Barelli, Boule et Bill, Gaston Lagaffe etc. provenant de la méthode de Duc : L'art de la BD. D'autres planches sont tirées avec la suppression de certains personnages ou l'atténuation des traits...

Exercice B : Illustrations d'après des oeuvres de maîtres
 
base-bd03a.jpg

Des illustrateurs formidables tels que Cabral, Brom, Royo, Giger, Frazetta, Doré, Kelly etc. nous offrent, de par leurs talents fous, des scènes médiévales - fantastiques, de fiction moderne ou de BD traditionnelle à en pleurer de bonheur ! Les couleurs sont enlevées, la courbe de gradation du scan baissée en prise de noir de manière à obtenir une image exploitable : ne pas oublier, et je le rappellerai, que l'impression à jet d'encre est chimiquement proche de l 'encre de chine et permet donc, ne serait-ce qu'avec de l'eau et un pinceau, de moduler les tons. Voici un exemple de maître qui peut servir non seulement à retravailler les gris en densité, mais aussi de jouer les coloristes et pourquoi pas... de rajouter une bulle de texte : pour cette illustration, une onomatopée du style: Grooaarrrr !... le gorille bien sûr.

Exercice C : Illustration d'après photographie P.R
 
rue-sete02x.jpg

Photographie (tirage papier) scannée puis importée dans un logiciel de retouches d'images. Courbe de gradation RVB ou CMJN baissée à la prise de noir uniquement afin d'obtenir un effet calque. Sortie sur imprimante à jet d'encre couleur : papier Canson de grammage élevé. Retouche au pinceau et à l'encre de chine diluée dans de l'eau. Accentuation du trait par la plume et l'encre de chine noire.

a296x.jpg

Exercice C : Illustration d'après une autre photographie P.R

port-sete.jpg

L'interprétation reste libre : possibilité d'un travail spécifique sur le trait à la plume et sur le choix des couleurs. D'après un tirage jet d'encre atténué (courbe de gradation encore plus légère à la prise de noir) l'expression est moins contrainte et permet une création pure sur les parties les moins visibles. Sur un exemple tel que celui-ci, la photographie originale a tellement été atténuée que le travail du trait et de la couleur devient primordial. Si le tirage jet d'encre avait été plus relevé, l'expression de l'illustrateur aurait été d'avantage portée par la facilité d'une base déjà sûre.

a293x.jpg

Exercice D : Illustration d'après photographie P.R

Vous remarquerez une retouche importante de la photographie dans le logiciel de retouches d'images et une expression libre du trait et de la couleur... Des personnages mis en scène peuvent être ajoutés.
 
kiosque-sete.jpg

Les documents originaux qui ont été scannés peuvent être réduits en niveaux de gris et baissés en gradation afin d'obtenir une impression jet d'encre douce. Les traits marqués du dessin deviennent ainsi grisés puisque la baisse de gradation s'effectue par la prise de noir. Il est donc possible d'effectuer un exercice de style par l'expression du trait. Utilisation d'un porte-plume et d'une plume simple telle que Sergent-Major permettant les pleins et les déliés accentués : encre de chine noire sur Canson 280g.

a294.jpg

 

Photographie P.R


photographie 5865 photographie 5853
photographie 5866 photographie 5868

Photographies de Thierry Eliroff

Toutes les illustrations : P.R


Conclusion


En résumé de cette première partie, voici un récapitulatif :

Le document original :
Photo, illustration, document imprimé etc. (tout ce qui peut passer sur un scanner à plat)

Le scan :
Rien de particulier à signaler, hormis peut-être le choix d'une résolution supportant un agrandissement à l'impression : 300 ppi.

La retouche image :
Il faut un logiciel qui permette de travailler la courbe de gradation et d'effectuer une transformation sur l'image au niveau des couches : RVB / CMJN / niveaux de gris.

Comment transformer l'image :
-Régler le niveau des couches : RVB etc.
-Régler la gradation générale : entrée de blanc / entrée de noir / 1/4 + 1/2 + 3/4
-Effectuer l'effet calque désiré en jouant sur la prise de noir uniquement.
-Filtrer spécialement si besoin
-taille du document

Impression :
Impression jet d'encre sur Canson 280g (Sachant que le grammage du papier est en fonction des techniques envisagées : un grammage élevé permet de travailler la peinture à l'eau sans craindre une déformation trop importante du papier.

Réalisation :
A la plume et au pinceau. Encre de chine noire et couleur.
Possibilité de scanner à nouveau le document retouché.

Voici donc ces premières informations.

 


Pascal Regnaudin : Technique illustration / BD / carnet de voyage

Technique de reproduction de documents
(Opérations en vue d'une impression papier) 


(A partir d'une photo tirage papier, d'une diapositive ou d'un négatif... A partir d'un document imprimé ou d'une illustration ainsi qu'à partir de tout objet de faible épaisseur supportable par le scan de génération "à plat" pour l'opposer à celle des scanners "rotatifs")

Le document original à scanner doit être de bonne qualité et l'appareil (le scanner) bien règlé, pour optimiser le résultat obtenu à l'impression. Dans le meilleur des cas, il n'y aura aucune correction d'image à apporter. Il faudra sinon passer par une retouche de l'image numérique grâce à un logiciel de retouches d'images.

Le scan d'une image telle que l'illustration ou la photographie peut être réalisé à 200 ppi (pixel par inch) ou dpi (dot par inch) à condition que la reproduction soit (reproduction <= original) sinon, lui préférer 300 ppi : (reproduction 150% > original)

Le fichier image doit être de qualité et sans compression au scan (si possible) : Tiff par exemple. Ce format permet la retouche multi-couches (calques) sur logiciel de retouches d'images.

Pour toutes les opérations qui suivent, il faut tenir compte du fait qu'un logiciel de retouches d'images digne de ce nom doit être capable de les effectuer et que vous le possédez.

La première retouche à effectuer avant toute autre est celle de la prise de blanc et de la prise de noir du document. Pour cela vous pouvez transformer l'image en CMJN * : c'est le standard utilisé par les imprimeurs (Cyan, pour l'encre bleue - Magenta, pour l'encre rouge thyrien - Jaune, pour l'encre jaune citron et noir pour l'encre noire). Servez-vous de l'outil de mesure de pourcentage (très souvent une pipette) et dans la fenêtre réservée aux infos de votre logiciel, regardez les valeurs :
-Dans un blanc vous devez avoir environ 5% de Cyan, 4% de Jaune et 3% de Magenta (le noir est en valeur négative mais affichera 0%)
-Dans un noir vous pouvez avoir environ 70% de Cyan, 68% de Jaune, 65% de Magenta et 90% de noir.
-Dans un noir il est devenu courant aujourd'hui d'avoir des valeurs balancées de manière à économiser environ 40% d'encre pour un résultat identique à l'ancien équilibre chromatique.
Dans les années 1980 nous avions ceci : 98% de Cyan, 93% de Jaune, 89% de Magenta, noir 60%.

Après cette première opération (prises de blanc & de noir) il est possible d'avoir à règler la courbe de gradation en général pour l'équilibre des tons, et en particulier pour la correction de dominante.
En général : Si le document reste sous-exposé ou sur-exposé malgré la première correction (prises de blanc & de noir) il reste à jouer sur 1/4, 1/2 et 3/4 de la courbe générale de gradation.

Correction de dominante : Choisissez la primaire dominante (C,M ou J) puis règlez 1/4, 1/2 et 3/4 pour obtenir un équilibre parfait. Pour équilibrer une image quadrichromie il est intéressant d'utiliser la gamme des gris : Si vous trouvez un gris dans votre image, vous devrez l'équilibrer par rapport à vos valeurs de gamme de gris obtenues d'habitude à l'impression.

* Vous pouvez tout aussi bien travailler en RVB pour effectuer toutes les retouches traitées dans cet exposé (surtout si votre logiciel ne vous permet pas de faire autrement) mais je choisi d'illustrer cette théorie en CMJN car ce travail accompagne une démarche d'illustrateur et de professionnel des métiers du livre. Pour résumer et en souvenir des pots de peinture et des tubes de gouache : Bleu + Jaune = Vert // Jaune + rouge = Orange // Bleu + Rouge = Violet etc... selon la synthèse soustractive.


Correction chromatique d'une image en CMJN
 
Cette option d'analyse de l'image est liée principalement au fait que les pigments colorés obeissent aux lois de la synthèse soustractive de la matière telle que nous la cotoyons au quotidien et accessoirement au fait que les techniques des métiers du livre, du cinéma, de la photographie, de la peinture et de l'impression utilisent depuis toujours cette base de calcul.
Il est vrai qu'avec l'évolution stupéfiante de la technologie, le téléphone n'a plus besoin de fil et l'appareil photo fonctionne sans pellicule.

Voici un exemple du mariage des couleurs dans la lumière et avec la matière :
La faible profondeur de l'eau d'un lagon crée des ambiances turquoises. L'élément limpide reflète l'immensité du ciel bleu mais l'absorbe également en partie... le jaune du tapis de sable se fond avec le bleu spatial !... d'où cette tendance turquoise :
Jaune + bleu = vert (turquoise dans notre cas de figure) : la transparence de l'eau se charge du bleu-ciel et du fond jaune : le plus beau turquoise est une synthèse de profondeur marine, de lumière bleu-ciel et de pigmentation du sable dans un premier temps, de votre faculté visuelle accompagnée par votre sensibilité dans un second temps.

Considérons la richesse d'une palette colorée dont l'échantillonnage des teintes et de leurs nuances ne serait effectué qu'à partir de trois primaires plus un noir et un blanc. Une teinte (x) est composée d'au moins une des 3 primaires. Le noir et le blanc interviennent également dans la composition d'une teinte mais ne sont pas scientifiquement considérés comme des couleurs primaires chromatiques.

Réalisons par exemple un nuancier de 10 emplacements rectangulaires : dans l'emplacement du haut je rempli avec la teinte (x). Dans l'emplacement suivant, je rempli avec la teinte (x) + 1 dose de blanc. Dans l'emplacement suivant, je rempli avec la teinte (x) + 2 doses de blanc etc. Arrivé en bas du nuancier, c'est à dire à la dixième case rectangulaire, ma teinte (x) originale +10 doses de blanc sera devenue beaucoup plus claire : nous venons de créer une echelle de tons (nuancier) spécifique à la teinte (x).
Avec les 3 primaires + noir & blanc il est donc possible de créer une immense palette de couleurs : il est possible de reproduire le tableau d'un peintre avec trois primaires + noir & blanc sans trop dénaturer l'original.

Réalisons maintenant un nuancier virtuel par plages de 10% :
Choix des primaires : cyan / magenta / jaune + noir (blanc papier & impression tramée)
(Pour obtenir une large bande chromatique, le choix des primaires doit être judicieux) : je choisi le bleu cyan parceque de tous les bleus, c'est celui qui ne contient que très peu de jaune et de rouge. je choisi le magenta parceque de tous les rouges, c'est celui qui ne contient que très peu de jaune et de bleu. je choisi le jaune citron parceque de tous les jaunes, c'est celui qui ne contient que très peu de bleu et de rouge.

premier tableau nuancier des teintes mères à l'état pur : (T-zéro)
Gammes de cyan / magenta / jaune / noir :

10% / 10% / 10% / 10%
20% / 20% / 20% / 20%
30% / 30% / 30% / 30%
40% / 40% / 40% / 40%
50% / 50% / 50% / 50%
60% / 60% / 60% / 60%
70% / 70% / 70% / 70%
80% / 80% / 80% / 80%
90% / 90% / 90% / 90%
99% / 99% / 99% / 99%

deuxième tableau nuancier des teintes mères avec + 10% de cyan sur toutes les plages : (cyan10)

10% / 10% / 10% / 10%
10% / 10% / 10% / 10%
10% / 10% / 10% / 10%
10% / 10% / 10% / 10%
10% / 10% / 10% / 10%
10% / 10% / 10% / 10%
10% / 10% / 10% / 10%
10% / 10% / 10% / 10%
10% / 10% / 10% / 10%
10% / 10% / 10% / 10%

(T-zéro)+(cyan10)=(T1)

troisième tableau nuancier des teintes mères avec + 20% de cyan sur toutes les plages : (cyan20)

20% / 20% / 20% / 20%
20% / 20% / 20% / 20%
20% / 20% / 20% / 20%
20% / 20% / 20% / 20%
20% / 20% / 20% / 20%
20% / 20% / 20% / 20%
20% / 20% / 20% / 20%
20% / 20% / 20% / 20%
20% / 20% / 20% / 20%
20% / 20% / 20% / 20%

(T-zéro)+(cyan20)=(T2) etc. jusqu'à (T10=cyan 100%)

(T-zéro)=40 plages
nuancier=[40plagesx(T10)]=400 plages

Si nous avions réalisé un nuancier par plages de +1% nous aurions obtenu :
nuancier=[400plagesx(T100)]=40000 teintes*

* sauf erreur de calcul, mais je ne pense pas - Dites moi si je me trompe !

En résumé, et en imaginant que ce nuancier soit imprimé chez vous sur votre machine personnelle, avec un logiciel de retouche d'images vous pouvez mesurer les valeurs chromatiques en pourcentages de couleurs sur une image à l'écran, et ainsi vérifier si la teinte en question est bonne par rapport à votre nuancier, votre original et à ce que vous désirez vraiment.

Technique de reproduction de documents : Exposé du 03/03/2007-(retouche : 31/01/2008) P.R
 
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