Extrait du recueil
Pascal Regnaudin


Bien gratifiant
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Bien qu'en accord avec l'essentialité de l'art pour le mieux être comme pour le pire, au même titre que l'air que je respire est indispensable à ma santé physique et mentale s'il n'est pas trop azoté, je vous offre ceci :
La quête d'autre chose qu'une convalescence évidemment bénéfique par la thérapie de l'art dépasse l'entendement de celui ou de celle qui en soutient la thèse lorsque l'enjeu existentialiste déjà au bien-être aspire légitimement à quelque chose d'autrement gratifiant.    

Il suffit d’étudier l’évolution des espèces
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Il suffit d’étudier l’histoire de l’humanité pour se rendre compte que le pouvoir a toujours été conservé par ce que l’on appelle communément l’élite, qu’elle soit glacée ou brûlante et qu’on le veuille ou non - ce qui n’empêche pas si l’on y réfléchit bien et pour ceux qui en estime raison, de vivre heureux, de s’épanouir. Encore qu’il faille contribuer à cette mouvance alchimique par le biais d’un travail sur soi-même, sans chercher non plus et comme un forcené, à devenir un maître. Le travail favorise considérablement l’essor, l’épanouissement et donc l’évolution de l’être profond qui nous anime. A l’affût des sondages, je m’aperçois qu’hélas pour bon nombre de sujets, l’idée d’un travail semble déraisonnable et que par conséquent rien ne sert de courir ni d’ailleurs de partir à point, on ne part pas du tout. Qu’avoir encore besoin d’un plus petit que soi n’est plus envisageable car enfin, pour faire quoi ?
Alors, bien évidemment, découle de ce triste bilan, la polémique sur la théorie de...(extrait)

A peine un éternaute
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A peine avais-je fini d’écrire à quoi bon une histoire si personne ne m'entend, ne me voit, qu’un craquement subtil perça l’obscurité qui entourait mon plan de travail, inondé quant à lui de la chaleureuse lumière issue d’un bougeoir ancestral et d’étain, d’où sept flammes s’appliquaient à couler leur sève besogneuse sur des dragons sculptés, en étain eux aussi, porteurs des candélabres. Surpris, je levai des yeux effarés, scrutant la pénombre alentour, quand soudain m’apparut sous le chambranle d'un épais rideau ouvert sur l'infini couloir, un vieillard à moitié nu dont le corps à la peau tannée ondulait sous la pâle clarté. Il me dit :
- Â« Issu pourtant du rêve, je n’ai rien à t'envier, quand bien même le mystère qui t'effleure présage ta disposition tourmentée mais songeuse à me créer et puis à me malmener avec la même insouciance que celle d’un enfant qui se découvre aux premiers pas, et puis à m’oublier puisque ne sachant pas qu’imaginer un être implique ce qu’il faut de soin, jusqu’au jour, paraît-il où tu me reconnaîtras vraiment !
Puis il emprunta le passage d’une de mes toiles accrochées aux murs, représentant une sorte de volute céleste et disparut par là même, tout comme un éternaute ! …

Tu bailles,  tu es la porte que j'ai choisie
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Tu bailles ici sur un chemin d’histoire, celui des muletiers ! Charpentée que tu es, d’essence sylvestre et de palette fardée. Tu t’appuies au sol rocheux puis quand je sollicite ton ouverture, tu pleures de ton pied vermoulu, usé, qui râpe sur le granit et la châtaigne, comme une vague écume son service au roc infatigable. Tu t’agrippes maladroitement au pieu qui te sert de chambranle par le gris cordage effiloché du pécheur et par ce fil de fer martyrisant ta veine tout au long de l’échine. Aujourd’hui plus que jamais, tu honores de ta silhouette accueillante le chemin dont tu es la gardienne. Tu restes la plus belle à mes yeux puisque je t’ai choisie bien plus que les majestueuses de ce monde ! De la citadelle, de la forteresse, de Saint-Denis, de Saint-Martin, ou bien encore secrète, d’entrée ou de sortie, de service, de secours ou bien de cathédrale ! Je t’aime aux couleurs des campagnes, moi qui suis de la ville et je devine, sur le chemin que tu m’offres, mon oxygène pour demain ! Tu es la porte que j'ai choisie !

Ce n’est pas le temps d’amour
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Ce n’est pas le temps qui passe et dégrade mes vertus, mes principes, mon ego, mes fantasmes, mais bien moi qui glisse sur lui comme un toboggan s’amuse d’un enfant. Les couleurs pastels passeront-elles avant que mon regard n’en use ? Le soleil se couche t-il en emportant les pigments colorés de mon extravagance ? Mon regard porté sur la valeur marchande que représente une genèse insouciante, apanage du temps, pèse t-il, de son vieil âge réfléchi, un quart d’once d’espérance de longévité supplémentaire, et accordée par qui ?… pourquoi ?
Bien sûr j’entends déjà les voix du mécontentement, du désaccord, de la censure. Si le tourment est synonyme de longévité, il n’en va pas moins que mon amour s’accommode également fort bien de toute une éternité. Quant à mes points noirs, mes furoncles ancestraux, ma mauvaise humeur fossilisée, mes rides, mes fractures de l’écorce terrestre, mes disques lombaires inexistants, fossilisés eux aussi, mon anachronisme radoteur décousant le sens de sa propre raison…(extrait)

Cette vieille dame la bouteille

(Patrimonio est un village situé au pied du Cap Corse, sur la route des vins)
Cette bouteille de Patrimonio, millésimée, divine en apparence et prometteuse de volutes m'enveloppant déjà, me fut apportée sur une table de jardin planté de bois exotiques et voluptueux des senteurs mauresques… La serveuse ?... Une jeune femme ondulante à souhait vers le sensuel exotisme. Son galbe m’offrit un bonheur de frisson lorsque mes doigts effleurèrent ces courbes enjôleuses.
Des gouttelettes perlaient à la saison torride sur ce caractère étonnement voluptueux. Son corps, peut-être négocié dans les plus beaux palais, mais aussi son espoir d’être un jour goûtée par une bouche experte, ivre de sa beauté, attendaient avec une infinie patience. Elle fut ouverte à mes naseaux entre des cuisses chaudes et l'on me proposa de la goûter avant d'abuser d'elle sans aucune modération.
 Pourtant détrompez-vous car si mes yeux rêveurs de sur la jeune femme, cherchaient un peu d’ivresse en guise d’aventure, mes pensées n’en allaient pas moins pour la vieille dame.

De telles occupations que celles d'une multitude
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De telles occupations que celle de composer paraissent souvent suspectes ou tout au moins dérangent, et peu importe le contenu de la composition en somme. De telles occupations se définissent également avec aridité à ceux qui ne possèdent pas un sens suffisamment afiné pour en apprécier les subtilités.
Les êtres inspirés cherchent en général à magnifier leur expression, qu'elle soit infuse ou acquise. Nul n'est pourtant certain que nous ayons découvert toutes les facettes de la composition, autant dans la forme que dans l'expression et que ce savoir n'ait aucun sens hors de l'esprit humain.
La poésie encore sollicitée de nos jours et que je citerai comme un des modèles élémentaires, engendre la composition et tout ce qui peut en découler. Exemple : un beau jour, la poésie touche un cancre lié d'affection amoureuse qui, pour la première fois, va développer une conscience "grammaticale et orthographique" si je puis m'exprimer ainsi et faire non seulement moins de fautes que d'habitude mais en plus enchanter sa dulcinée, continuer à écrire des poèmes aux futures élues de son cœur, prendre goût aux élues et à la poésie, affiner son style, devenir peut-être romancier, journaliste, critique d'art, que sais-je. La composition va se nicher là où elle veut : depuis les rocambolesques couleurs jusqu'à la grise platitude et toujours à l'insu de celui ou de celle qui ne s'y exerce pas.
Dans ce monde où le statut de compositeur engendre de plus en plus une astreinte à toutes les inquisitions, il est dangereux de prendre conscience que la dimension du temps réel est fonction de celle des sphères d'Entelekheia et que par là-même, l'espace-temps d'une réalité ne prend une réelle valeur qu'à travers la pensée qui l'apprécie. Egalement ennuyeux d'annoncer que la composition prend sa source entre l'infini d'une solitude et l'immensité d'une multitude.

Imaginez-vous votre interlocuteur
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Imaginez-vous argumenter avec des propos aussi loin d'être convaincants que proportionnels à l'entendement de celui qui va les recevoir.... que va penser votre interlocuteur ?...


Extrait du recueil Entelekheia
Pascal Regnaudin
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